Le bonheur vu par Haïdée
Le bonheur vu par Haïdée

Les choses s’avancent vers moi. Toutes choses. Par leur silence, elles entrent en moi. D’abord par leur silence. Puis, leur lumière s’élabore en moi, discrète, infime, miraculée. Enfin, l’embrasement, l’éclair, le brûlant, le radieux. Ensuite, écrire. Seulement ensuite. Voilà, c’est tout.
Christian Bobin
J'écris de trésors de chemin. De bords de ciels appuyés sur le vide. Sans recettes, les mains pleines de choses de rien. Je tends vers le but. Que je ne connais pas. Je fais route de brindilles. Il en faut des semences, des eaux, des marmites pour cuire le présent. Flaques de peu où ne boivent jamais que quelques cardélines*, c'est ici mon pays.
Ile Eniger - Un coquelicot dans le poulailler - À paraître aux Éditions Collodion
* Cardéline : petit oiseau de Provence, qui boit très peu

La poésie peut se passer de mots, c'est sans importance, elle Est. Elle précède donc l'acte d'écrire en son état natif. Le poète, par l'acuité du regard, l'émotion et le travail conjugués, révèle, de manière personnelle, cet état poétique qui existe avant, pendant et après lui. Il est ce funambule qui choisit sa hauteur, sa traversée et son risque pour rendre compte d'une présence absolue et permanente, entraperçue. La poésie est donc source, et le poète outil qui exprime d'elle ce qu'il est en mesure d'en concevoir. Ainsi, à partir de l'omniprésence du concept poétique, le poète anime donc un kaléidoscope qui rend compte d'une partie d'un infini appréhendé au travers d'une personnalité.
Ile Eniger
Tout accomplissement est une certitude, il oblige à un accomplissement plus
haut
L'amour attend chaque jour, un
mot, une lettre, et cet oiseau sur le rebord de la fenêtre
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