Lundi 26 octobre 2009
Je viens de lire avec grand plaisir CLAIRVISION le recueil de Nathalie Riera (voir dans mes liens : site littéraire/Les carnets d'Eucharis) paru sur publie.net, site de François Bon.
Ce petit bijou de la poésie intimiste mérite qu'on s'attarde par camelo pour lire quelques pages du livre avant de le télécharger.
La poésie érotique est un genre difficile à maîtriser, le domaine est délicat et les auteurs versent souvent dans  l'impudeur, la provocation ou le poncif usé, pour donner à lire, au final, qu'un relent de facilité lassante. Ici, rien de tout ça ! ClairVision offre au lecteur un espace de beauté et de délicatesse qui n'exclut pas une puissance évocatrice charnelle étonnante. Avec une grande sensualité liant le corps à l'âme, les mots de Nathalie Riera enveloppent et rafraîchissent les sens d'une belle chaleur intime. Une superbe réussite qui mérite le détour de lecture !




"ClairVision" -  Nathalie Riera - Illustrations Lambert Savigneux - Sur publie.net
Téléchargement texte intégral 5,50 euros.
Le recueil est présenté par François Rannou et Mathieu Brosseau

 
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Samedi 24 octobre 2009

Aar

Le dé de ciel


je regarde par la fenêtre
remue le café
rien ne me sépare du monde
qu'une fine couche de buée

dehors la terre roule sans bouger
des gens marchent
les arbres agitent leurs branches
pour imiter les vagues
la voisine secoue les fatigues de la nuit à la fenêtre
un oiseau picore des secondes éparpillées
le vent boutonne un manteau
les mots volent en tourbillons

du doigt j'efface la buée
un dé de ciel tombe dans mon café.

Aar
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Vendredi 23 octobre 2009
Je n'ai jamais rencontré Mireille Disdero en dehors de son site (voir mes liens) et je n'avais donc lu, jusque-là, que ses textes que j'appréciais, mais aucun de ses romans ou recueils en entier. C'est donc sans à priori que j'ai abordé son nouveau livre pour la jeunesse qui  vient de paraître aux Éditions du Seuil :"16 ans et des poussières".
Ce n'est pas dans mes habitudes de rendre compte des livres que je lis, cela me demanderait trop de temps (j'en lis beaucoup !). Cependant "16 ans et des poussières" m'a semblé vraiment intéressant dans sa forme et son fonds et j'ai eu envie de le signaler.
Ce que j'apprécie en général, chez un auteur, c'est le mélange d'une sensibilité personnelle et une d'écriture maîtrisée donnant à l'ensemble, quel que soit le sujet, une solidité attrayante. Ici, nous somme en présence d'une écriture qui présente ces qualités ; qualités qui devraient être la recherche fondamentale de tout écrivain !
L'histoire est simple, bien campée, avec un souffle qui ne cède jamais à la facilité ou l'effet de manchette. Pas d'égotisme, pas de prosélytisme, l'auteur avance dans son propos avec une écriture sobre, vivante, bien établie qui tient en haleine le lecteur du commencement à la fin. L'intelligence d'un propos ni racoleur ni moralisateur conduit avec fermeté une histoire qui se lit à plusieurs niveaux, d'abord celui du scenario qui fait état de situations pas faciles à vivre, et celui sous-jacent où, avec pudeur, l'auteur nous laisse approcher sa propre confiance.
Ici, pas de laideur montée au pinacle ou d'angélisme pontifiant, pas de jugement, mais la réalité donné à voir avec ses moins et ses plus. Le livre est sain, dans une action enlevée dont on sent qu'elle prend racine dans un réel que la fiction pousse à son paroxysme : une vie à réaliser par l'espoir du mieux vivre et la propre prise en charge des personnages.
Le livre est annoncé "pour la jeunesse" ; certes, les jeunes trouveront dans cet ouvrage, une histoire intéressante dans un style ouvert et sympathique ; cependant, je conseillerai vivement aussi aux adultes de se plonger dans ce remarquable livre ! Ils y (re)trouveront la certitude qu'avec un peu de rêve, beaucoup de tenacité, et une tonne d'amour,  le monde de chacun peut s'ouvrir au "rayon de lumière qui filtre à travers les volets fermés".
Mireille Disdero, sans grandiloquence mais dans une véritable présence, convie le lecteur à la reconnaissance de la tendresse et de la détermination là où d'autres ne pourraient voir que dureté et fatalité.
Un joli tour de force que signe une véritable écriture sans fioritures et déterminée.
Ile Eniger

16 ans et des poussières - Editions Le Seuil - Collection karactère(s) - 80 pages - 7 euros
ISBN 978-2-02-100316-1




 
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Vendredi 23 octobre 2009

Sur le mur de la cabane, la boîte à lettres de la forêt
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Jeudi 22 octobre 2009

Le froid vit ses désirs de givre. S'installe. Blesse la terre. Blanchit le soleil. Gèle la voix de la fontaine. Étrangle le ruisseau. La pluie glacée mord l'argile et la noie. Quelque chose d'indifférent éparpille les couleurs, range les outils, rentre les chaises, défait la chaleur. Nous n'irons plus au bois le vélo est cassé. Pas plus au rêve, la saison est fermée. Des instants fugaces éveillent des fleurs plus proches de l'humus que de la virevolte. Les arbres s'enrhument dans des éclats de vent. L'acidité brûle les feuilles, enterre la verdeur. Les racines mangeront les cendres. Une tisane amère boit son dernier effort. L'ange fatigue. La vie grelotte, indécise, fragile.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

 

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Mercredi 21 octobre 2009

Cadeau de l'été disparu, les petites dernières d'automne
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Dimanche 18 octobre 2009

Je suis sans toi. Des morceaux de temps entrent dans mes poignets. La page ne saigne pas, se tait. La page, muette, vide. La mer à l'angle de la fenêtre dit plus. Le jour plus frais qu'hier, mes doigts gourds. Ma toute petite vie d'abeille minuscule les yeux sur l'immense. La tasse de café noir, le sucre ailleurs. Ce sont des choses qui font silence. Des mots prétextes qui vont. Solitude innommée. Noyaux secs dans les blancs du manque. Le temps se brise en petits bouts de verre.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

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Samedi 17 octobre 2009

Ce qui embellit le désert c'est qu'il cache un puits quelque part.

St Exupéry

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Vendredi 16 octobre 2009

Premiers froids. Solitude derrière la vitre.
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Jeudi 15 octobre 2009

Peu de mots résistent à la lumière de nuit. Le silence les joint sur la table. Au sommeil blanc d'une page muette. Ils traversent des lignes, des ponts, des carrés de pensées. Sans bruit ils dessinent des arbres, des feuilles, des forêts où s'abritent des voix. Parfois ils ressemblent aux oiseaux quand ils parlent d'elle. Semés à la volée comme graines de radis, ils tracent des guérets, des rangées, des sillons. Ils font des champs. De l'intérieur, de l'extérieur, ils parlent. Et la signature les rend au silence. Peu de mots résistent à la lumière de nuit. Ce pays, signes d'encre sur la neige.

Ile Eniger - Un cahier ordinaire

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