Vendredi 18 septembre 2009
Me voilà plus encore. Du lieu de moi, je te parle. Ici il pleut, j'aime cette abondance de terre et ciel en mariage d'eau. L'écharde parfaite dans la peau quotidienne -l'inatteignable, je mets de l'ordre dans ma vie. Le point vital se dégage des phrases, des doutes et autres ignorances . Il n'y aura rien sans l'accord de moi à moi, la mienne note juste. Je marche dans la plaine étroite du plus large. Toujours cette maison dont tu es la porte. Sens-tu l'absolue nécessité ? Je touche nos présences.
Ile Eniger - Un cahier ordinaire
Publié dans : Les textes d'Ile
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Vendredi 18 septembre 2009

Un sourire de fin d'été avec Duane Bryers et "Hilda", en cette journée pluvieuse et automnale
Publié dans : Leurs paroles
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Jeudi 17 septembre 2009

La lumière a le goût de l'ombre, un ennemi d'eau m’assiège, écrase le cri. Dans l’herbe, les bruits serpentent comme une clameur désespérée, gluante et froide. L’hiver montre ses dents, ses nuages, ses larmes, je suis comme la vieille fourche oubliée dans le jardin, un rire enseveli que la rouille recouvre. Je moissonne, je glane aux encoignures de la mémoire. La pendule égrène des morceaux de ciel. Ça clapote dit-on… le temps s’alourdit, le jour perd sa motivation, assis sur l’enfance, je cherche l’étoile bleue, je plie d’étranges nostalgies. Là-bas le soleil chantait, le destin trompait le rire et l’enfance. Il pleut, mon chat est rentré. À l'Ouest, à l'Est, au Nord, de l'eau ; au Sud, la mer. Mon rire a peur, je sais que tu ne peux pas venir, je sais qu’il pleut. Mon traducteur est mauvais, il dit : pas de toi aujourd’hui ; il dit, ne sois pas triste, téléphone. Je suis là, assis sur mon enfance et mes fesses ; j’attends le médecin, tu es le traitement. Me consulteras-tu ?

Jean-Michel Sananès

Publié dans : Sananès Jean-Michel
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Mercredi 16 septembre 2009

Il pleut. L’été s’évade. Les roches réfractent. Loin des rues, je loge en ma campagne. Terre sans confort, langue autre. Sur la photo, je resserre mon nom. Les mots remplacent-ils ? Quelque chose se hisse depuis la faille étroite, je croche ce fil. Mes doigts dérangent l'inertie. Un bruit d’avion commente la nuit. La route est longue des chants Abénakis, des attisées du soir, à l'entre deux des pages quotidiennes. Musique d’un nerf sans cesse rejoué. L’os du vivre refait ses dents. Je dis cent amours pour l’unique. Qui ne désavoue pas. Il pleut. L'éponge des mots sèche le jardin. Une coulée d’érable dans la cabane à sucre nourrit mon âme de recluse.

Ile Eniger - Un coquelicot dans le poulailler - À paraître en 2010 aux Éditions Collodion

Publié dans : Les textes d'Ile
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Mardi 15 septembre 2009
Ce qui est blessé en nous demande asile aux plus petites choses de la terre et le trouve.
Christian Bobin (La présence pure)
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Mardi 15 septembre 2009
Quel plaisir que les affiches de Duane Bryers représentant "Hilda" ; cette jeune femme joyeuse, en pleine forme, rayonnante, change un peu des modèles filiformes d'une mode qui oublie que la femme n'est pas qu'un porte-manteau !

Duane Bryers est né en Amérique, dans le Michigan, en 1911, dans une ferme, il a trois frères et sœurs. À l'âge de 5 ans, il dessinait ses propres bandes dessinées. Il a déménagé avec sa famille dans le Minnesota à l'âge de 12 ans, il y restera jusqu'à 39 ans. De 1943 à 1946, il fait partir de la Force aérienne. Il gagne sa vie comme illustrateur commercial jusque dans les début des années 1950. Il a peint aussi bien que vieil Ouest américain que celui contemporain. Il est le créateur en 1958, de "Hilda", jeune femme bien dans sa peau qu'il peint à l'aquarelle et qui habite généreusement ses affiches et calendriers publiés par ses éditeurs Brown et Bigelow. "Hilda" ne procède pas d'un modèle précis (bien que sa fille, Pattie Weiss, présentatrice de télévision, très mince, dont il épaissira les contours, lui  servit parfois de modèle, ainsi que S.Peterson modèle professionnel à New-York, ou Pr. Fermer à Tucson pendant une quinzaine d'années, mais, dans l'ensemble, "Hilda" naît de l'imaginaire de son auteur. En 36 ans il fit environ 250 peintures de "Hilda". Il arrête de peindre la série des "Hilda" vers 1990, il a 80 ans. Les droits d'auteur de "Hilda" appartiennent à Brown et Bigelow.

Artiste en résidence dans le ranch Emperita dans le Sud de l'Arizona, il put travailler avec brio ses personnages et paysages de l'Ouest. Il expose chaque année à la prestigieuse National Cowboy Hall of Fame à Oklahoma City et est inclus dans leur collection permanente. À l'annuelle Western Heritage Show in Houston. Il expose également à l'assemblée annuelle Western Heritage Show à Houston-Invitational. Avec son épouse Dee, il vit dans le Sud de l'Arizona. En 2007 Duane Bryers était toujours vivant. (Résumé à partir de : rogallery.com/bryers_duane/bryershm.htm)

Duane Bryer
Publié dans : Leurs paroles
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Samedi 12 septembre 2009

En fait d’amour, vois-tu, trop n’est même pas assez.

Beaumarchais (Mariage de Figaro-IV-1)

 

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Vendredi 11 septembre 2009
Ah que la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah comme la neige a neigé !
Qu'est ce que le spasme de vivre ?
Ah la douleur que j'ai, que j'ai !


Émile Nelligan (Soir d'hiver - 1903)
Publié dans : Grandes voix
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Jeudi 10 septembre 2009
Il restait trop peu de temps
Même courir ne servait à rien
Il fallait en prendre son parti
Rester sur le quai

L’éternité s’en est allée
Les instants se décomptent au rabais
Meurt-on de n’avoir pas assez espéré ?
Ou d’avoir trop aimé ?


Christiane de Rémont
Publié dans : Leurs paroles
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Mercredi 9 septembre 2009
Ce que j'aime chez JML, c'est cette capacité à faire son chemin d'écriture comme de vie, dans une absolue identité, indifférent aux modes, encensoirs, discriminations, ou autres inutiles. Il EST, ce qui devient denrée rare de nos jours ! D'aucuns lui reprochent de toujours dénoncer, toujours rappeler les mêmes choses, insister à la limite du trop ! Moi je pense que c'est là justement son lien à l'essentiel, cette tenacité envers l'exigence d'être et de dire ! Heureusement qu'il y a encore des gens qui s'insurgent, qui montrent avec vigueur que la société s'égare et cultive la destruction ; heureusement qu'il y a encore des poètes à la parole si forte qu'elle ébranle les sous-bassements de la laideur ; heureusement qu'il y a encore des hommes qui accordent leurs mots avec leurs actes et échappent à la cérébralité pour, en quelques paragraphes ou quelques gestes, montrer que  l'humain peut porter sa part de bonté. Si on ajoute à cela que l'auteur a une plume et une simplicité hors du commun, alors nous avons affaire à un homme debout et c'est une joie pour moi que de présenter son écriture.

Le ciel est une carte postale que nous envoie l’été. Le soleil a signé de son paraphe de lumière une petite phrase pour chacun. Les nuages ont des lunettes qui s’embuent quand ils lisent la terre. On dirait des enfants sur le point de pleurer ou de vieilles gens que tout fatigue. Je ne sais plus où j’en suis. La foule bouge comme la mer. Mes idées voguent à la dérive sur la crête des visages. Chacune est une histoire, avec ses rides et ses tirets. La langue de la pluie vient lécher ses contours. Les mots sur la page font un mariage d’oiseaux, juste avant qu’ils s’envolent sur l’aile des images. Il y a tant d’ornements, de vitrines, de carreaux, d’enseignes, on dirait qu’il manque quelque chose dans le visage des gens. Un mendiant prend peur devant un gros billet qu’on lui glisse en vitesse. La bonté est-elle donc si rare ? J’ai peur de l’humanité. Il n’y a plus que des réactions de masse, des fées de plastique, des dieux de pacotille. Le désir de vivre a fait place au désir de posséder. J’apprends à lire dans les strates de la pierre, les nervures des nymphéas, les lignes des fougères, les grumes des forêts. Je veux sentir la vie comme un nuage, un insecte, un arbre la sentent mais avec quelque chose de plus. Je voudrais voir le fond des vies, son écume, sa source. Ceux qui écrivent devraient toujours aimer.

Extrait de : "Le bain de foule", à lire en entier sur : lafreniere.over-blog.net



Publié dans : La Frenière Jean-Marc
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