Dimanche 8 novembre 2009

Mer


Hier, la mer
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Mercredi 4 novembre 2009
Claude Lévi-Strauss est mort hier, il allait avoir 101 ans. Les médias en ont peu parlé, il faut croire que la culture spaghetti fait plus d'adeptes que les point majeurs de la Culture réelle.
Ce homme logique, précis, attentif citoyen du monde qui disait dans "Tristes Tropiques" : L'un des plus grands drame contemporain réside dans la difficulté croissante de vivre ensemble, et qui, humaniste écologiste rappelait que  : Les droits de l'humanité cessent au moment où leur exercice met en péril l'existence d'autres espèces, cet ethnologue anthropologue,
attentif à la fraternité, qui écrivait : J'ai connu une époque où l'identité nationale était le seul principe concevable des relations entre les Etats. On sait quels désastres en résultèrent, laisse la force d'une écriture et d'une vie montrant qu'il est urgent de : faire de l'homme une partie prenante, et non un maître de la création.
Claude Lévi-Strauss, professeur au Collège de France,  laisse une oeuvre impérissable. Entre autres : "Tristes Tropiques" 1955, ouvrage essentiel qui l'a fait connaître au grand public -  "Les structures élémentaires de la parenté" - "La pensée sauvage" - "Mythologies" - "Anthropologie structurale" -  "Histoire de Lynx". Cet homme qui a dépassé le cadre de la communauté scientifique pour approcher l'humain au plus près, était un grand homme et un immense écrivain.
Ile Eniger
 
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Mardi 3 novembre 2009

Pied dans la terre, le vieux bateau de la Baie St Paul rêve peut-être de voyages
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Dimanche 1 novembre 2009

Dans la région de Charlevoix, Route 138 vers l'Île aux Coudres, les montagnes froides surveillent un Dépanneur de la Baie St Paul, un galion le pied dans les terres et des écureuils gardeurs de noix. Des fleurs et des oiseaux brodent le dernier point d'été aux jardins. Les maisons cherchent leurs mitaines. Le "Mouton Noir" pousse sa porte sur le dernier touriste. L'hôtel du "Cèdre rouge" a cordé son bois et vernis ses façades. Une broue dans l'toupet agite les nuages québécois. Le St Laurent, plus gris que gris, mène ses eaux plus loin. Le gel fait quelques signes. Les états d'âme ont manqué les outardes. L'hiver approche dans la Belle Province.


Ile Eniger - Un cahier ordinaire

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Vendredi 30 octobre 2009
La vie en société c'est quand tout le monde est là et qu'il n'y a personne
Christian Bobin
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Mercredi 28 octobre 2009
Le vide
au fond de ma caboche
pour y peser si lourd
n'est pas loin d'être plein

Thomas Vinau
.
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Mercredi 28 octobre 2009
On sonne à ma porte, j'ouvre, et voilà qu'une joyeuse équipe de petits fantômes et sorcières me font des "OUH OUH OUH" qui se veulent terrifiants, agitent leurs draps comme pour s'envoler, le tout ponctué de rires sous capes. Entrant dans le jeu, je fais celle qui a peur et je dis quand même un peu étonnée qu'Halloween n'est que dans trois jours... Pas démontées pour deux sous, des voix caverneuses me répondent que justement, ils s'y prennent à l'avance parce que sinon, le dernier jour, les gens ne donnent plus rien !!! Organisés les fantômes !  Je demande alors ce qu'ils veulent. Une des petites sorcières, - il lui manque d'ailleurs une dent ! - Me dit : "si tu donnes des bonbons ou des gâteaux, on te fait pas de farce", je dis : c'est quoi la farce ? Elle me montre une poire à eau dont semble-t-il, ils ont tous envie de se servir !!!  Me faisant l'avocat du Diable, -ce qui semble de circonstances ! Je demande si je dois aussi donner quelques pièces de monnaie, le plus petit des fantômes rabat alors son suaire sur sa tête et me dit : "Ben non, les sous on les manze pas, les bonbons et les gâteaux, oui" !!! Bien sûr, sotte que je suis ! Je donne un paquet de bonbons et un de galettes, et je demande qui a fait les beaux costumes. Là, ils parlent un peu tous à la fois. Dans l'enthousiasme collectif, je comprends que les mamans ont donné les draps et fait les trous pour les yeux, que les papas ont fabriqué les chapeaux pointus en carton, et que les enfants ont fait les dessins noirs un peu partout " et qui font peur". Ils partent en chantant une chanson supposée faire trembler tout l'immeuble, n'oublient pas de me dire merci, et même l'apprenti fantôme qui a remis son drap sur la tête, me dit "merci, tu es zentille" ! Sont sacrément polis les fantômes cette année !
Je ferme la porte et je m'interroge, alors les enfants sont encore capables de jouer, d'imaginer, de faire la fête, de la partager et d'être gentils ?! Ouf ! ça me rassure ! Et vous ?

Ile Eniger

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Lundi 26 octobre 2009
Je viens de lire avec grand plaisir CLAIRVISION le recueil de Nathalie Riera (voir dans mes liens : site littéraire/Les carnets d'Eucharis) paru sur publie.net, site de François Bon.
Ce petit bijou de la poésie intimiste mérite qu'on s'attarde par camelo pour lire quelques pages du livre avant de le télécharger.
La poésie érotique est un genre difficile à maîtriser, le domaine est délicat et les auteurs versent souvent dans  l'impudeur, la provocation ou le poncif usé, pour donner à lire, au final, qu'un relent de facilité lassante. Ici, rien de tout ça ! ClairVision offre au lecteur un espace de beauté et de délicatesse qui n'exclut pas une puissance évocatrice charnelle étonnante. Avec une grande sensualité liant le corps à l'âme, les mots de Nathalie Riera enveloppent et rafraîchissent les sens d'une belle chaleur intime. Une superbe réussite qui mérite le détour de lecture !




"ClairVision" -  Nathalie Riera - Illustrations Lambert Savigneux - Sur publie.net
Téléchargement texte intégral 5,50 euros.
Le recueil est présenté par François Rannou et Mathieu Brosseau

 
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Samedi 24 octobre 2009

Aar

Le dé de ciel


je regarde par la fenêtre
remue le café
rien ne me sépare du monde
qu'une fine couche de buée

dehors la terre roule sans bouger
des gens marchent
les arbres agitent leurs branches
pour imiter les vagues
la voisine secoue les fatigues de la nuit à la fenêtre
un oiseau picore des secondes éparpillées
le vent boutonne un manteau
les mots volent en tourbillons

du doigt j'efface la buée
un dé de ciel tombe dans mon café.

Aar
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Vendredi 23 octobre 2009
Je n'ai jamais rencontré Mireille Disdero en dehors de son site (voir mes liens) et je n'avais donc lu, jusque-là, que ses textes que j'appréciais, mais aucun de ses romans ou recueils en entier. C'est donc sans à priori que j'ai abordé son nouveau livre pour la jeunesse qui  vient de paraître aux Éditions du Seuil :"16 ans et des poussières".
Ce n'est pas dans mes habitudes de rendre compte des livres que je lis, cela me demanderait trop de temps (j'en lis beaucoup !). Cependant "16 ans et des poussières" m'a semblé vraiment intéressant dans sa forme et son fonds et j'ai eu envie de le signaler.
Ce que j'apprécie en général, chez un auteur, c'est le mélange d'une sensibilité personnelle et une d'écriture maîtrisée donnant à l'ensemble, quel que soit le sujet, une solidité attrayante. Ici, nous somme en présence d'une écriture qui présente ces qualités ; qualités qui devraient être la recherche fondamentale de tout écrivain !
L'histoire est simple, bien campée, avec un souffle qui ne cède jamais à la facilité ou l'effet de manchette. Pas d'égotisme, pas de prosélytisme, l'auteur avance dans son propos avec une écriture sobre, vivante, bien établie qui tient en haleine le lecteur du commencement à la fin. L'intelligence d'un propos ni racoleur ni moralisateur conduit avec fermeté une histoire qui se lit à plusieurs niveaux, d'abord celui du scenario qui fait état de situations pas faciles à vivre, et celui sous-jacent où, avec pudeur, l'auteur nous laisse approcher sa propre confiance.
Ici, pas de laideur montée au pinacle ou d'angélisme pontifiant, pas de jugement, mais la réalité donné à voir avec ses moins et ses plus. Le livre est sain, dans une action enlevée dont on sent qu'elle prend racine dans un réel que la fiction pousse à son paroxysme : une vie à réaliser par l'espoir du mieux vivre et la propre prise en charge des personnages.
Le livre est annoncé "pour la jeunesse" ; certes, les jeunes trouveront dans cet ouvrage, une histoire intéressante dans un style ouvert et sympathique ; cependant, je conseillerai vivement aussi aux adultes de se plonger dans ce remarquable livre ! Ils y (re)trouveront la certitude qu'avec un peu de rêve, beaucoup de tenacité, et une tonne d'amour,  le monde de chacun peut s'ouvrir au "rayon de lumière qui filtre à travers les volets fermés".
Mireille Disdero, sans grandiloquence mais dans une véritable présence, convie le lecteur à la reconnaissance de la tendresse et de la détermination là où d'autres ne pourraient voir que dureté et fatalité.
Un joli tour de force que signe une véritable écriture sans fioritures et déterminée.
Ile Eniger

16 ans et des poussières - Editions Le Seuil - Collection karactère(s) - 80 pages - 7 euros
ISBN 978-2-02-100316-1




 
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