Quel beau moment de terrasse et de rien. De regarder les choses. L'aiguille marque moins dix. Les horloges me feront toujours rire !
Secoués d'air, les lauriers roses n'empoisonnent plus personne. Le jasmin blanc tourne dans son odeur. Un oiseau gris fait le ciel bleu. Des fourmis semblent chargées d'un mystérieux travail. Pliés
en quatre, les soucis hésitent sur leurs destinations, je n'en garderai qu'un, orange, fleuri debout dans la grande jardinière. Un voilier accoste l'horizon. La pluie laverait bien la chaleur des
murs ou les taches des coccinelles qui, en habit de clown, dévorent tranquillement les pucerons des rosiers, mais les nuages sont à la fête de la musique. Un lézard agite ses pattes sur les mallons
rouges, danse du feu. Drôle de cirque ! L'huile de la mer et la lampe du soleil alimentent l'été. Parfois m'écharde une peur plantée dans le poignet comme caillou dans la chaussure. Brave
cheval boiteux sillonnant sa page et les mots à germer ! Ne pense pas au soir dès la fenêtre du matin ! Déjà, si je m'élevais à hauteur d'herbe, ce serait bien. Ile Eniger - Un cahier ordinaire